Lorsque Frédéric Mitterrand sera nommé demain comme cela devrait être le cas, le nouveau ministre de la Culture aura du pain sur la planche si l'on peut dire. Car ses prédecesseurs, depuis un certain temps déjà, n'ont jamais occupé le poste comme cela aurait dû l'être. Plus préoccupés, vraisemblablement par leur propre avenir politique que par la politique de la culture, ils ont laissé le navire à la dérive, notamment dans les domaine des arts plastiques, déléguant leur pouvoir de façon plus ou moins arbitraire, voire anarchique (dans le mauvais sens du terme) ! Cela fait longtemps que le fauteuil est vide et le bureau poussiéreux !

Alors qu'hier, ignorant encore la future nomination de Frédéric Mitterrand, je regardais avec une attention toute particulière une émission TV (voir article précédent) consacrée à André Malraux, premier ministre de la culture de la Veme République, je pensais intérieurement à l'immense travail qu'il avait accompli et que seuls, quelques-uns de ses successeurs dont Duhamel l'Oublié avait poursuivi dans son ombre toujours présente.

Avec Jack Lang, la Culture prit de nouvelles voies, plus ou moins bling-bling, plus ou moins contestables, plus ou moins intéressantes. Mais au moins était-il parvenu à faire revivre le Ministère et à obtenir un budget minumum à défaut d'être décent ! Puis vinrent les autres ! Vous souvenez-vous de leurs noms ? Pas plus sans doute qu'eux-mêmes se souviennent de leur passage au ministère de la Culture ! On les a vu se battre pour des broutilles, écartant l'essentiel d'un revers de la main. Et pour cause puisqu'ils n'y entendaient rien.

Je ne sais quelles raisons ont présidé à la nomination (future) de Frédéric Mitterrand. Mais une chose est certaine. C'est que l'on peut être certain que l'homme y donnera le meilleur de lui-même et sera bien plus utile à ce poste de Ministre qu'à la Villa Médicis.

 

XAVIER LACOMBE-MAURY