"Biarritz, 6 heures du matin " photo/JLN

En cette période estivale, beaucoup d'entre vous l'envahissent une fois le soleil à son zénith. Mais peu la connaissent ainsi, vide, en plein mois de juillet. Logique, car il est 6 heures du matin. Le jour vient de se lever sur cette plage de Biarritz alors que vous êtes encore plongé dans votre sommeil. Bientôt, vous viendrez vous y installer puis irez tâter du pied la température de l'eau. Au-dessus de vous, des avions se croiseront. Pour quelle destination ?  
Je viens de partir, de fuir :  l'alcool coulant à flot les a transfiguré. Je ne les reconnait plus. Je ne la reconnait plus. Devenus meute, leur personnalité s'est évaporée au fur et à mesure que les cadavres de bouteilles se sont amoncelés. Pas de lâcheté de ma part, mais de la peur face à leur agressivité. Il y a 48 heures, je baignais dans la joie en accomplissant les derniers kilomètres nous séparant du lieu de villégiature et de ses amis. Deux jours d'alcool plus tard, je suis là. Dans mes mains : une bouteille qui était abandonnée, à même le sol du hall d'entrée. Dernière d'une longue série bue par eux jusque certainement tard dans la nuit. Je l'ai récupéré avant de partir. j'y ai glissé un mot. Je la jette à l'eau. Ultime geste et ultime photo pour cette ultime halte avant de m'envoler.