Comme beaucoup, les américains en général et les new-yorkais en particulier sont actuellement dans l'expectative en ce qui concerne l'évolution du marché de l'art contemporain dans les mois à venir. C'est donc la règle de la prudence qui prévaut aujourd'hui et prévaudra encore durant un certain temps.

 

Déjà fortement pénalisés par le cours du dollar, "ils préfèrent comme me le disait ces derniers jours à New-York, un marchand reconnu sur la place et au niveau international, attendre et voir ce qui va se passer notammment à Londres et Paris au cours du dernier trimestre 2009". Autant dire qu'il ne va pas falloir s'attendre à ce que les américains dopent le marché durant une bonne période, combien même sont-ils dores et déjà riches de projets, n'ignorant pas que le marché de l'art doit absolument passer par une refonte totale de son fonctionnement actuel. Quant à l'euphorie européenne qui était encore de mise il y a un an s'est elle également tassée pour ne pas dire qu'elle a disparue momentanément...

 

Dans ce contexte, plus question pour les collectionneurs et investisseurs de "partir dans tous les sens". Cela risque de pénaliser quelques artistes dont l'ascension logique en raison de leur talent, sera ralentie un certain temps, mais aura le mérite de faire le ménage dans quelques basses-cours. Il convient malgré tout de se souvenir que des oeuvres de peintres, sculpteurs, etc...à la renommée dépassant de loin nos frontières étaient adjugées à Drouot, entre mars et juin dernier à des prix de cinq à dix fois inférieurs, à ceux pratiqués au même moment par des inconnus ou presque,  recherchant désespérément mais de façon onéreuse pour leur porte-monnaie, une galerie susceptible de s'intéresser à leurs créations et ce dans le cadre de certaines expositions de masse.

 

Or,pour le coup, c'est la raison qui va l'emporter cette fois-ci, temporairement sans doute car nous avons la mémoire courte. C'est que de fait, c'est toujours en salle de vente que s'établit la côte d'un artiste et ce en fonction de plusieurs critères dont le nombre d'oeuvres vendues sur un laps de temps étendu. Fut-on un ex-brocanteur "reconverti" dans la soit-disant promotion des jeunes talents à travers l'organisation de manifestations en plein air ou sous chapiteau : on n'échappe pas à cette loi du genre. Et malheureusement si c'est le cas, on participe alors activement au dérèglement des bases et des valeurs essentielles qui régissent le monde des arts.

 

Xavier Lacombe-Maury