A BRUXELLES, ON FETE LE BLANC EN SEPTEMBRE A LA GALERIE GIRAUD
Par xavier le lundi 10 août 2009, 11:50 - Lien permanent
Spécialisé en design et céramique contemporaine,
Pierre Marie Giraud entame un cycle d’expositions chromatiques en trois volets
: « Blanc » en septembre, « Noir » en octobre,
« Couleur » en décembre. Du 12 septembre au 3 octobre, il consacre
son espace au « Blanc », source d’inspiration pour Alain Vernis,
Kristin McKirdy et Martine Bedin. Synonyme de pureté, d’idéal, d’intemporalité,
le blanc – moins neutre qu’il n’y paraît – ouvre sur un monde d’une
richesse infinie, qui s’exprime de différentes manières dans l’œuvre de ces
artistes.
Avec Kristin McKirdy, le Blanc comme intériorité
Kristin McKirdy se joue des contrastes de matières et de
couleurs pour révéler les puissants volumes de ses sculptures aux lignes pures.
Protégée par une carapace d’aspect sombre et mat, la partie émaillée, blanche
et lisse, symbolise l’intériorité de son œuvre, comme miroir de son
introspection. Cernant l’insaisissable nature du Blanc, elle rend ses œuvres
lumineuses et douces à la fois. Kristin McKirdy suggère ainsi la vulnérabilité
et le panache de l’artiste qui se met à nu.
Avec Alain Vernis, le Blanc comme spiritualité
Fruit d’une méditation nourrie par l’observation de la
nature, l’art d’Alain Vernis (né en 1946 à Sens) est fait de silence pour
toucher l’essentiel… ce que révèle l’utilisation du blanc, loin de toute
sophistication. Ni tournés, ni montés « en colombin », ses bols ne
sont guidés par une démarche esthétisante : ils résultent d’un état de
vide intérieur pour laisser la matière s’exprimer par elle-même. Façonner
l’argile lui demande « une préparation lente et ardue pour atteindre le
dénuement, pour accueillir un état proche de la transe et pouvoir enfin
atteindre à l’équilibre entre le corps et l’esprit. C’est à ce prix que l’objet
alors créé est pur de tout ce qui ne serait pas lui-même. (…) L’argile
deviendra la peau, la chair même de ce bol à la forme indicible. Le bol
incarnera à la fois l’univers de la nature et le monde spirituel. »,
commente la critique Elisabeth Védrenne.
Avec Martine Bedin, le Blanc comme structure
Architecte née à Bordeaux en 1957, Martine Bedin
s’intéresse à la construction des formes et des objets. C’est ainsi qu’elle
empile « élément sur élément, brique sur brique, rigoureusement blancs,
comme si la fonction décorative se jouait sur un autre plan », décrit le
designer Michele De Lucchi. Avec une prédilection pour le marbre, Martine Bedin
agence les cubes pour créer des vases dont le blanc profond magnifie les
proportions comme les disproportions ; ici, ce n’est pas le motif qui crée
le décor, mais la structure. Elle fut membre fondateur du groupe de designers
« Memphis » aux côtés d’Ettore Sottsass.
Selon ses nuances, plus ou moins éclatantes, et ses
matières, plus ou moins brillantes, le Blanc surprend par la verticalité de ce
qu’il exprime, bien loin du vide et du néant. D’un artiste à l’autre, il
demeure un idéal vers lequel tendre.
La Galerie Pierre Marie Giraud est située à Bruxelles,
dans le quartier historique du Sablon. Spécialisée dans les arts décoratifs
contemporains, la galerie représente des artistes internationaux venus
d’Europe, d’Amérique du Nord, du Japon. La galerie travaille également avec des
designers pour la production de pièces uniques ou d’éditions limitées. Outre
les objets en verre et en argent qu’elle propose, la galerie Pierre Marie
Giraud est particulièrement réputée pour sa sélection de céramiques modernes et
contemporaines. Elle participe régulièrement à des foires telles que Design
Miami / Basel, Design London ou encore le Pavillon des Arts, et collabore avec
plusieurs musées pour promouvoir la céramique contemporaine.
Galerie Pierre Marie Giraud
15, Rue des Minimes,
1000 Bruxelles, Belgique.
T. + 32 2 503 0351 / F. + 32 2 503 0352