L’Orangerie du Luxembourg abrite le
Centre Culturel Hellénique qui présente une exposition consacrée à deux
artistes grecques vivant à Paris. Les matériaux s'opposent :
fragilité, pliures et froissements incertains du papier chez Starakis ;
solidité, certitude, gravité du bronze, lignes et motifs bien appuyés dans le
plâtre, chez Stylianou. Foisonnement de la couleur et richesse des nuances chez
l'une, dépouillement du noir et du blanc chez l'autre. Entre cette
sculptrice et cette peintre, il y a cependant une convergence d’esprit et de
sensibilité : le titre de l’exposition : Diaphané, mot grec qui exprime
l'idée de transparence et
de passage.
Niki
Stylianou présente une trentaine de sculptures en argile, en plâtre et en
bronze
Une
diversité de matériaux et de formats, une poésie charnelle et cependant
structurée, reflets des compétences et des expériences polyvalentes de
l’artiste, introduisent une réalité qui laisse transparaître ses
mystères. La terre lourde et friable rapproche l’artiste de ses racines, de ses
fêlures. Le geste rapide que le plâtre nécessite rend le dessin moins précis,
tout en créant des formes aériennes…
« Traversée des apparences »
Transparence des sculptures dont le point
d'équilibre n'est pas où on l'attend, dépouillement du noir et du
blanc... Légèreté d'une inspiration-respiration de cette artiste qui est passée
de la danse à la sculpture avec la même attirance pour les envols. Une
sculpture en apesanteur, une matière travaillée, évidée, une délicatesse des
lignes pour que jaillisse une lumière venue de l’intérieur, un espace différent
de celui qui entoure l’œuvre dans sa solidité se laissent entrevoir dans les
déchirures de la matière : trouées dans le bronze, entailles dans le
plâtre.
« Je voudrais suspendre une émotion, une force, laisser
passer des vibrations, une musicalité par le rythmique de mes plans, juste le
temps d’un instant.
Laisser imaginer
l’avant et l’après, en dire un peu mais pas trop, pour que l’autre puisse
élever son regard et créer son espace de liberté… »
REPERES :
Niki Stylianou estnée à
Athènes en 1965. Un an après, sa famille vient s’installer à Paris pour fuir la
dictature des colonels. Etudes classiques. Diplômée de l’Agro Paris Grignon ;
elle prend conscience de sa passion pour la sculpture. Elle étoffe sa
formation artistique dans les ateliers de Nicolas Poussin puis à la Miroiterie.
Elle participe à des salons, des expositions collectives, personnelles et
privées en France et à l’étranger. Parmi d’autres références marquantes, ses
œuvres sont exposées au Salon Art Capital au Grand Palais en 2006, 2007
(Médaille de Bronze) et 2008.
Béatrice Starakis-Kohler a la passion du
papier, elle nous dévoile une quarantaine d’œuvres polymorphiques (des carnets sur vitrine
et des découpages en différents formats).
Béatrice travaille le papier comme un
sculpteur : troué, ciselé, peint, collé, il devient un tableau à plusieurs
dimensions : plans successifs, subtilité et harmonie des couleurs, contours et
détours, symétries et perspectives inattendues… Ses œuvres multidimensionnelles
nous introduisent l’art du «découpage» ; un exemple distinctif du «french chic»
à travers le style avec lequel elle utilise les motifs et les modèles
japonais.
La fragile nature du papier : un délice visuel…
Une esthétique précieuse et poétique
offre -ou plutôt suggère- l’opportunité d’une traversée des apparences, désir
de traverser l’opacité des êtres, voiles qui se lèvent lentement, transparences
de fenêtres ouvertes sur des jardins clos et sur l’infini des ciels.
Foisonnement de la couleur et richesse des nuances ; ligne de fuite dans les
tableaux de papier qui traverse la feuille et devient, grâce à la technique
savante de superpositions, une « entrée en matière ».
« Ce
n’est donc pas l’image représentée qui exprime fragilité et transparence de
l’être. Celles-ci s’expriment par le travail sur le papier
lui-même… »
REPERES :
Née à Athènes en 1938,
de père grec et de mère française. Elle commence ses études classiques à
Paris et continue sa formation à Chelsea School of Art and Graphic
design. De longs
séjours à l’étranger (Londres, Brésil, Turquie, Egypte) et des œuvres
littéraires, ont laissé leur empreinte. Elle participe à de nombreuses
expositions collectives, personnelles et privées autour du monde : Musée
des Arts Décoratifs-Paris 1985, Centre National des Arts-1993 Caire,
Artcurial-Paris 1999, CCF-Alexandrie 2002, Centre National des Arts-Caire 2003,
Librairie d’Art Lardenchet-Paris 2003, etc...
Pratique :
Niki Stylianou
& Béatrice Starakis-Kohler
"Diaphané"
Le Centre Culturel
Hellénique
Orangerie du
Sénat
Du 16 au 29 septembre. Tous les jours de 11h à
19h – entrée libre