J'ai le sentiment qu'à travers le buzz qu'ont suscitées
ses paroles, le député Eric Raoult a souhaité s'extirper du semi oubli dans
lequel il a sombré depuis quelques temps ! L'opération a réussi en partie mais
il est parvenu à se mettre l'ensemble de l'opinion publique -ou presque- contre
lui !
Comment cela ? Les
écrivains récompensés par un (le, s'agissant du Goncourt) prestigieux
prix littéraire devraient être amenés à observer un devoir de réserve ! Le
député Raoult n'y va pas par quatre chemins et eut été un antigaulliste de la
première heure lorsque qu'un ministère de la culture fut taillé aux dimensions
de celui qui allait présider de longues années à sa destiné, à savoir André
Malraux.
Par extension,
Cimaise-magazine.net étant consacré aux arts plastiques, Piccasso tout comme
Léger, parmi d'autres, lesquels véhiculaient des idées proches du parti
communiste, n'auraient guère pu s'exprimer et auraient vraisemblablement quitté
la France si la proposition du Député Raoult avait été adoptée en d'autre
époque ! Que dire de nos musées : les peintres pompiers les auraient rempli
alors que les impressionnistes (pratiquement subversifs à l'époque) dont Monet
(protégé par Clémenceau) n'auraient eu d'autre sort que de
dormir dans les caves en attendant des jours meilleurs. Avec un peu de
recul encore dans le temps, on est en droit d'imaginer que l'oeuvre de
Goya aurait été bannie, etc...
A propos de devoir de
réserve, on peut comprendre celui de Frédéric Mitterrand, qui, cette fois-ci a
préféré ne pas prendre parti, n'en pensant pas moins, on peut en être
certain.
Quant au député Raoult, si
j'avais un conseil à lui donner, ce serait d'évoquer (comme il savait le
faire à une époque) les sujets qu'il maîtrise parfaitement en sa qualité d'élu
d'une banlieue difficile, plutôt que d'aller s'aventurer sur des terres qui
semblent ne pas lui être particulièrement familières.
Xavier Lacombe-Maury